sábado, outubro 16, 2004

Companhias pouco recomendáveis

Por estes dias está a decorrer o Forum Social Europeu, este ano, em Londres. Mais uma vez, os movimentos antiglobalização disseram ter como convidados vários islamitas, como se o seu combate fosse o mesmo. Pobres diabos, não perceberam mesmo nada de nada.

Mas nem todos os que pertencem a esse movimento estão de olhos tapados. Dominique Topo publicou no Libération de 14 de Outubro as razões pelas quais o S.O.S. Racisme francês não iria participar no forum (via Proche-Orient.info:

L'altermondialisme a, dès son émergence, suscité chez moi une profonde sympathie. Il était un mouvement généreux, capable de renouer avec de grandes mobilisations fondées sur des bases progressistes.

Mais, depuis plusieurs mois, SOS Racisme a été amené à prendre ses distances. Lors du Forum social européen (FSE) de 2003 en France, nous fûmes à deux doigts de refuser de participer aux débats en raison d'un manque de clarté sur les questions d'antisémitisme et de l'invitation de Tariq Ramadan, intellectuel proche du mouvement fondamentaliste des Frères musulmans. Ce que nous espérions pouvoir analyser comme un faux pas se trouve malheureusement confirmé par des choix de débats et d'invités à l'occasion du présent FSE de Londres.

A cette heure, nous ne savons pas si la rumeur persistante de la présence de Youssef al Qaradawi au FSE se trouvera confirmée. Mais d'ores et déjà, on ne peut que s'étonner que cette rumeur n'ait pas été démentie avec force. Comment en effet Youssef al Qaradawi, leader européen des Frères musulmans, pourrait participer à une rencontre qui se veut progressiste ? Monsieur Al Qaradawi s'est systématiquement manifesté comme un obscurantiste porteur d'un message de haine. Il déclarait encore il y a peu qu'« il n'y a pas de dialogue entre nous et les juifs, excepté par le sabre et par le fusil ». Par ailleurs, en sa qualité de président du Conseil européen de la fatwa, il a lancé une fatwa soutenant les attentats kamikazes, y compris contre les civils.

Comment Massoud Shaterjee peut-il animer deux débats au FSE ? Massoud Shaterjee a participé au sommet international contre le racisme de Durban en 2001 et a oeuvré à le transformer en une pitrerie raciste et antisémite. Autre fait de gloire de cet individu : considérer que les talibans sont des martyrs. Alors, voir un tel personnage tenir un débat intitulé l'Interdiction du voile : une attaque contre la femme musulmane ne peut que révulser. Car on comprend bien, par son soutien à la vision talibane, que sa conception de la femme musulmane se situe aux antipodes des combats féministes.

Ajouté à une série de débats organisés par des islamistes autour de leurs thèmes de prédilection, il ressort de cela l'impression que les responsables européens du mouvement altermondialiste se situent dans une recherche frénétique et insensée d'un front anti-impérialiste dont le seul principe serait « l'ennemi de mon ennemi est mon ami ».

Car nous n'ignorons pas les théories selon lesquelles l'islamisme représenterait un allié dans la lutte contre l'impérialisme américain. Théories fausses, dangereuses et exotiques. Fausses, parce qu'elles ignorent la nature de l'intégrisme islamiste, dont le projet ne se situe pas dans la lutte contre l'oppression capitaliste mais contre la démocratie, la liberté des moeurs, l'égalité entre les hommes et les femmes et, point d'accord avec les forces nationales populistes et ethnicistes, contre l'idée que l'Humanité peut et doit avoir un avenir commun. Dangereuses, parce qu'elles isolent ceux qui, à travers le monde, se battent pour des progrès démocratiques. Exotiques, parce qu'elles participent des plus terribles amalgames, et notamment celui selon lequel on pourrait poser l'égalité suivante : Arabe = musulman = intégriste. Et c'est bien ce à quoi participent les organisateurs du FSE en choisissant les islamistes intégristes comme interlocuteurs prétendument représentatifs des populations arabo-musulmanes.